Vieilles horreurs

Franxiogène. …On parle d’un concours appelé Puissance Alpha, qui permet d’accéder directement après le bac, via Parcoursup, à des écoles qui forment des ingénieurs en chimie, en numérique, en travaux publics ou en génie civil. Les postulants ne passeront plus d’épreuve de Français. Les organisateurs du concours ont décidé de la supprimer. Leur explication : «Nous avons constaté que cette épreuve pouvait être anxiogène pour les candidats, ou à l’inverse qu’ils la négligeaient. De plus, elle ne faisait pas de différence notable dans l’évaluation, et elle pouvait être socialement discriminante»

Anxiogène ? Discriminante ? Mais qu’est-ce qu’il y avait dans cette épreuve de Français ?

Un QCM. Oui, un questionnaire à choix multiples basé sur la compréhension de textes, sur de la grammaire et de l’orthographe. Pas une dissertation qui aurait pu révéler des dyslexies, ou une mauvaise orthographe. Non. Un questionnaire. Les épreuves écrites vont maintenant à se limiter aux mathématiques, aux sciences appliquées et l’anglais, toujours sous forme de QCM. Oui, parce qu’il va bien y avoir de l’anglais, visiblement moins anxiogène.

Angliseïsme. J’en ai marre des anglicismes qui envahissent tout l’espace publique, médiatique et publicitaire ! Assez de ces « car », « care » et autres « core » ! Rendez-nous notre langue française si belle, si subtile et bien mieux défendue par d’autres francophones que par nous, les Français. La French Academy : au secours !

Liaisons dangereuses. De mon temps – les vieux disent toujours ça – lorsque quelqu’un se trompait en prononçant une liaison entre deux mots, on parlait d’une liaison mal-t-à-propos. Dorénavant, on ne peux plus dire ça car presque plus personne ne fait les liaisons, notamment pour ce qui concerne les nombres. Bizarrement, on continue à dire « trois z-enfants » alors qu’on ne sait plus dire « cent t-enfants ». Ceci est particulièrement criant depuis l’avènement de l’Euro : on dit bien « un n-Euro » mais au delà on ne sait plus : « trois Euros », « dix Euros »… On dit bien « mon n-amis » mais de moins en moins « de longues z-études ». Ces six saucissons secs sont si secs qu’on ne sait si c’en sont !